- Par Arthulf
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Chant premier - Odin vînt
C'est un soir, dans la nuit la plus profonde, qu'Odin, notre père à tous, décida de partir vers Midgard, la terre des hommes.
Léguant temporairement à ses frères, Vili et Ve, son trône majestueux, il partit la conscience tranquille, en direction du Nord.
C'est à jamais en ces terres que son esprit vagabondera, en souvenir du temps jadis, lorsque Mani était encore haute dans la voûte céleste et que Sol luisait de par ses rayons chauds et froids.
Descendant de l'Ultime Thule, terre perdue depuis fort longues années, il se dépêchait de rendre visite à ces fils de clans, en souvenir d'un temps révolu.
La roue tournait et le roi suprême d'Asgard lui-même ignorait encore ses effets.Lors d'une pâle nuit d'automne vînt l'homme aux corbeaux.
Il apparut muni d'un vieux chapeau et portait un triste manteau.
Il marcha ainsi, souffrant la gelure du sol sur ces pieds meurtris.
Le souffle d'une menace avait couru dans les airs, il devait à présent, en résoudre les mystères.
L'acre odeur de la fumée s'empressait dans ses narines aguerries.Le sol de Teut s'étendait sous ses pas.
Une étrange colère le prit, lorsqu'il aperçut un fils du nord, violentant sa sœur de nation.
La rune Iss brilla au ciel un instant faisant de lui une convulsion due au froid.
Malheur à cet imbécile, son dieu ne sera pas en lui.
Brunette se relevant, âgée de vingt ans l'observa doucement.Sa beauté rayonnait d'un soupir de maladie terrassée.
S'en allèrent boire la bière du nouvel an, tout en discutant de ci, de ça, comme font les moineaux en hiver.
Il ressentit le frisson de la mort, l'ordre du monde semblait s'être obscurci.
Portant assemblage de polaires svastikas sur sa toge de vêture, il fut raillé par les passants inconscients.
Déterminé par cette nouvelle offense à sa divinité, il abandonna ces lieux pernicieux.Il s'assit contre un mur, et plongea dans la méditation, dans un quartier délabré.
Une bande d'oubliés, lâches et peu stupides s'en approchèrent et le bousculèrent de part en part le chemin.
Son apparence n'était que trop noble à leurs yeux avides des cieux.
Il s'en alla alors, marchant à travers les monts et les forêts, et quiconque l'apercevait voyait un vieillard borgne et âgé.
Deux corbeaux virevoltaient à ses côtés et deux loups le suivaient, hurlant à la lune dédaignée.De retour dans la divine demeure du Valhalla, il annonça :
Notre peuple est enchainé par ses chiens d'endiablés.
Sombres sont devenus les terres si vertes de notre enfance,
Tristes les âmes libres en quête d'honneur et de gloire.
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