Chant 16

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Chant seizième – Fureur

Les chaînes m’enchaînent dans un havre de fumée,
La vision, autrefois éclatante, devient sombre et insignifiante,
Ce qui me semblait réalité, était en fait mensonge et vanité,
La folie qui s’emparait alors de moi était intransigeante.

Nul n’avait jadis réfuté mes désirs,
Nul n’avait enfreint la loi qui nous accordaient,
Quiconque l’aurait fait se serait vu démasqué,
Et de ses projets, il ne serait resté que fumée.

Je ne peux alors m'empêcher de rire,
Cette situation n’était vraiment pas la pire,
La sensation qui m’avait porté à vivre,
Se rebellait contre ceux qui m’avaient dupés.

Je n’avais donc plus conscience de paix,
Plus conscience de rien,
Seule une unique perception de faim
M’encourageait à finir le travail de mes mains.

Toutes limites n’étaient que puérils pantins,
Pantins que j’actionnais de mon propre vouloir,
L’infini était la limite qu’il m’était permis de voir,
Il serait difficile que l’on accepte de me croire.

La fureur du guerrier, c'est comme ça qu’on l’appelle,
Elle rend une douce brise aussi féroce que la grêle,
Transforme l’ennemi costaud en une personne frêle,
Et rend le temps informe, immobile et inconstant.

Les chaîne se déchainent dans un éclat de sang,
La vision, autrefois insignifiante, devient lumineuse et éclatante,
Ce qui me semblait irréalité était en fait aveux et vent,
La folie qui s’éloignait alors de moi était innocente.

Ainsi finit le chant seizième du loup.


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