- Par Arthulf
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Chant Dix-Huitième – Ruines
Divaguant dans les rues d’une cité morne et oubliée,
Je croise maint et maint gens pour qui oubli signifie mort ;
Les passants de cette triste journée n’ont plus d’amour pour l’éternité,
Le regard vide et creusé, par l’érosion du sort.Le silence n’était plus qu’une idée, hallucination d’illuminés,
Les moteurs et les ferrailles s’alliaient dans cette cour de bataille ;
Face à cette ère de la conscience, les hommes étaient morts-nés ;
Miné et horrifié, je les regardais piétiner notre sainte muraille.Dans l’obscurité, la vision se tarissait, comme mûe par une soudaine pensée,
Les étoiles enfin respiraient, dévoilant l’espace du temps ;
Le rêve d’un royaume en ruine, survivant d’un lointain passé,
Peu à peu s’imposait, brulant les siècles et les ans.Quelle triste pensée que celle de l’homme qui n’a pu apercevoir l’éternité,
Auréolée de son âme sublimée que rien ni personne n’a pu supprimer ;
De ce royaume enfoui dans les flots intemporels de l’éther déifié,
Demeure une meute de seigneurs, dans l’espace-temps dispersés.Le vent porte à mes oreilles les échos de la terre,
Les pleurs des reines et des filles du nord sacré ;
Disparu dans les brumes hivernales de la sombre guerre,
Nos royaumes murmurent encore l’antique mémoire de l’été.Au minuit terrestre, Jara m’apportait lumière et force,
L’ensemble des bûchers funéraires, au temps d’un présent abhorré
N’était qu’illusion mortelle, funeste réalité,
Sur la berge des empereurs de Thulé.Nous, seigneurs de monde oubliés, sommes l’écorce,
Les gardiens des ruines de nos terres éclipsés
Derrière le voile impénétrable de l’autre côté ;
Soyons-en digne, quitte à nous y immoler.Ainsi finit le chant dix-huitième du loup.
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