Chant 22

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Chant Vingt-Deux – Le Loup des Mers

Agité par les flots, le navire aux cents voiles tanguait,
La voilure tendue à bloc faisait claquer le silence ;
Dérivant depuis sept jours déjà, les marins s’inquiétaient,
La nourriture qui autrefois était abondante ne remplissait plus leur panses.

Sous l’étoile Hagall, reine du nord voyante de l’ancestrale Ys,
Les morts en mer coulaient vers les profondes abysses,
Entrainant avec eux les vivants dépravés par la souillure impie,
Dans un râle d’agonie, s’engouffrant à jamais dans les ténèbres de l’oubli.

Sur le pont, proclamant défi à la colère du sinistre océan,
Un noir pirate tenait fermement à la vie pourchassée,
De noir vêtu, la robe de seigneur maculée par le sang,
On aurait dit un spectre, revenant de la mort à ce spectacle conviée.

Les yeux pénétrants, bleu et en feu, transperçaient les vagues,
Immondes géants aux membres composés de glace ;
Décidé à vaincre, luttant au-delà de ses sens engourdis et falaces,
Il quittait le monde des hommes pour devenir propre vague.

Frappés de folie, le reste de l’équipage, étouffé par la frayeur,
Se saisissaient des armes pour s’en frapper le corps,
Transperçant la chair et les ligaments, coulissant jusqu’au cœur,
Pour retirer la lame d’un geste vif et dernier, offrande du maudit or.

La tempête faisait rage lorsque la poudre devint feu,
Allumant et détruisant le bois érodé par des siècles de lutte avec les flots tumultueux,
La cabine prit feu, éclairant d’un rouge lumière la pluie qui se déversait,
Dieu prit alors son masque de terreur accueillant dans son œil l’âme des tués.

Le loup des mers, dont la garde des eaux était éternelle,
Ne pouvait se soustraire aux larmes de la tristesse mortelle,
Se demandait-il au terme de tant de cycles écoulés,
Ais-je échoué ?


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