- Par Arthulf
Retour index : Les Chants du Loup
Chant Vingt-Quatrième – Rôdeur
La cadence du pas indiquait un être de forte stature,
Son endurance marquait le sol de la flamme du hasard,
Pourchassant traîtres et froussards, jetant à bas les ordures,
Qui pillaient et saccageaient les antiques terres d’Ar.Peu de récits faisaient scène aux fils des forêts,
Leur histoire était telle un silence dans la mare des oubliés,
Personne ne les avaient vu, croisé ou même approché,
Car dans leur monde le soir, les hommes ne sont que de vides miroirs effacés.Vivant en marge de l’humaine société, sous la rune Ryta,
Le rodeur chassait, fier d’un long passé de voyages et de libertés,
Il ne se préoccupait plus des hommes qu’il trouvait être des jouets,
Mais se levait de terre pour combattre leur avidité d’ici-bas.Lorsque l’hullement de l’hiboux souffla le mystère,
La fin de tout bruits, face à ce loup du nord hémisphère,
Emplissait l’antre de la meute d’une sinistre atmosphère,
De soudain invité, je devenais prisonnier de ses serres.Le poignard sous la gorge, le défenseur invisible et froid,
Tenait dans sa main de cristal, flamboyante de pureté,
Les yeux drapés d’un voile de ténèbre, dont le regard était
Pénétrant et hypnotisant, dans le secret du moi.Le temps d’un clignement de l’œil, le voilà évaporé,
Partient en fumée, les rêves de beauté,
Disparu, celui qui était symbole d’espoir,
Il resterait à jamais dans les brumes du soir.Il n’avait pas tué, par absence de nécessité,
Il n’avait pas parlé, son silence était doré,
Rôdeur, il était, en cette nuit de Samhain,
Mas le voici revenant, j’avais expié mes peines.
Retour index : Les Chants du Loup
Table des Matières par Genre
Table des Matières par Auteur





