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13
Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort,
Je ne crains aucun mal, car tu es avec moi :
Ta houlette et ton bâton me rassurent.
Tu dresses devant moi une table,
En face de mes adversaires;
Tu oins d'huile ma tête,
Et ma coupe déborde.
Oui, le bonheur et la grâce m'accompagneront
Tous les jours de ma vie,
Et j'habiterai dans la maison de l'Éternel
Jusqu'à la fin de mes jours.
Il était arrivé comme un super-héros dans une scène dramatique où le chaos cinématographique semble emporter le scénario dans l’impasse du non-sens !
En fait il semblait en effet être surgi d’un comics suranné ou d’un film vieilli oscillant entre le monochrome ou la série noire. Son imper gris était incongru mais sur sa grande taille la marque du temps n’y laissait pas un mauvais goût « has-been ». Ses lunettes en écaille aux montures épaisses lui creusaient le visage de rides dont la joie était absente comme si les cernes ne pouvaient en décrisper la tension. Il avait la peau légèrement tannée et il approchait peut-être de la soixantaine. En tout cas il avait assez d’âge pour avoir vu bien des choses dont peu se serait remis. Son regard était chargé d’ombre et difficilement soutenable tant il sondait les âmes et leurs vérités.
Oui, cet homme ne vivait pas de la même façon que les autres et ses préoccupations étaient certainement très éloignées des schémas de pensée du tout à chacun.
A n’en pas douter il était d’une vieille école. Mais il en était le maître…
Le commissariat s’était comme tu.
La récréation était terminée, tous sur les bancs et pas un bruit ! Cette fois on avait envoyé un ponte dont l’autorité paternaliste naturel ne serait discutée par personne. Quand le gibier échappe aux rets maladroits des rabatteurs arrive en scène le chasseur.
Sa réputation l’avait précédé et on ne lui connaissait pas d’échec, qu’il ramène la bête vivante ou morte !
Par malheur il flairait également la peur et l’incompétence, traquant les plaques des minables comme des promesses de trophées à épingler…
Sans hésiter il prit pour fief le bureau du Capitaine Bachar. Voilà le fameux premier trophée gloussèrent discrètement les esprits retords. Là, derrière les stores pas tout à fait refermés, on ne devinait que ses traits fermes dans la lueur d’une lampe de bibliothèque. Son regard résolu, même de son bastion, semblait percer la conscience de chacun des hommes désormais sous ses ordres.
Il alluma une cigarette.
Il ne serait venu à personne de lui rappeler l’interdiction de fumer dans les lieux publics. A croire que de telles lois n’existaient que pour les moutons, pas pour les loups les menaçants ! De toute façon dès son arrivée, ce lieu n’était plus un établissement public. C’était devenu la tanière d’une âme sombre et féroce envoyée là par une puissance lointaine pour s’occuper de celles plus mortelles ici-bas…
Le berger était dans la pâture et il allait remettre de l’ordre dans le troupeau !
*
« By Night » - Les Nuits de Fièvre –
Edition du Week-end
Suite aux révélations courageuses de notre journaliste Bastien Stannaisse, une mise en demeure provisoire durant le Week-end a été ordonnée au « By Night ». Nous soutenons ici notre journaliste qui sera entendu par les autorités policières et assurons à nos lecteurs dès lundi un point sur l’affaire qui passionne notre cité.
La Rédaction
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- J’ai envie de tes lèvres…
- Et moi des tiennes…
- C’est la fin ici…
- Et le début pour nous !
- Je t’aime petite fleur.
- Plus que moi, c’est ce que tu crois… tu te trompes. Je t’aime, je te donne mon souffle.
- Alors je le retiens jusqu’à te le rendre.
Ce serait peut-être un râle.
C’est ce que je m’étais dis quand ma Princesse avait disparu en même temps que l’écran s’étant éteint devant moi. Mais pourquoi je n’étais pas en train de déchirer les terres du monde pour retrouver celle que j’aimais ?
Peut-être qu’écrire mon testament au cas où…
N’importe quoi, c’était quoi ce mélo là.
Nec Spe, Nec Metu… Ni craintes, ni espoirs. C’était ma devise. Le Destin me conduisait là où il le désirait. Le fuir ou le précipiter était exactement la même chose, seule la manière de se présenter aux épreuves qui étaient les siennes donnait une valeur à celui les relevant.
J’étais déjà mort depuis longtemps.
Je ne devais de vivre que par son amour.
Une coquille vide de sentiments flottant sur un Styx d’indifférence. La mélancolie abreuvait mes veines ne palpitant que sous le flux rocailleux d’un cœur lourd et glacé. N’avoir aucune limite et aucun intérêt à vivre fait d’une personne un être dangereux, d’abord pour lui…
En l’aimant je l’étais pour les autres.
Mais qu’est-ce que j’étais ? Un putain de sociopathe incapable de comprendre la compassion et l’empathie… Peut-on savoir que l’on est dément si on est fou ? Pourtant j’étais capable d’aimer, mais de n’aimer qu’une personne.
J’étais fils des Vents, fils des murmures et des chuchotements dans la nuit.
Avant je ne savais pas qui j’étais. Maintenant je savais qui j’aimais.
Mes pensées allaient trop vite et leur ressac s’écrasait sans cesse sur mes tempes.
Une douleur vive me paralysa le côté gauche du crâne. Je la ressentais depuis tout jeune et parfois elle réapparaissait, surtout quand j’étais contrarié. C’était insupportable et inquiétant.
J’étais si fatigué.
Il me fallait retrouver la colère, elle m’avait toujours soutenu, même physiquement. C’est une énergie incroyable et une drogue vivifiante.
C’est cette même rage qui m’avait fait survivre au combat.
J’étais un survivant.
J’étais transformé. La Hyène, mon Familier, transformait la mort en vie faisant renaître l’âme des cendres tel un passeur peu aimé mais redouté. J’étais désormais une Hyène ayant débarrassé la laideur de la mort pour que la beauté de la vie demeure. Pas de culpabilité, pas de regrets, pas de plaisir à cela mais être fier, glorieux et droit face l’incarnation de sa foi et de son âme, oui.
- Je t’ai éclaté la tronche, que ton âme crève à jamais.
Le dire me soulagea. Je ris.
Un tueur psychopathe tue pour trois raisons. Assouvir ses pulsions perverses le plus souvent, obéir à des schémas de démence qu’il ne contrôle pas ou, et c’est là les pires d’entre-eux, pour asseoir son pouvoir. Dans tous ces cas il éprouvera du plaisir ou de la satisfaction. Je n’étais pas de ceux-là.
Des gangsters tuent pour de l’argent. En Colombie et partout ailleurs, des gamins tuent pour une poignée de dollars, sans remords. La Mafia tue et va se repentir à l’Eglise. On sacrifie la minorité pour l’intérêt général. La Police est tueuse mais elle en a le droit, elle a le port d’arme pour le faire…
Il n’y a rien d’amoral ni d’injuste. Il n’y a que des mensonges.
Au royaume des aveugles, les menteurs sont rois car la vérité ne leur brule plus les yeux…
Si j’avais été en train d’écrire un roman, je me demande bien ce que le lecteur aurait compris à tout cela. Après tout c’était ma manière de penser et je ne vois pas bien comment on pouvait la partager.
Tiens quel chapitre aurait pu accueillir la Vérité ?
Le Chapitre 13 peut-être. Terreur Judéo-chrétienne pathétique. Mais bon optons pour le Chapitre 13, tant pis, petite concession faite à l’ennemi…
Tu ne tueras point.
C’était écrit dans un autre livre qu’on disait sacré.
Il me semble qu’il y était écrit qu’il fallait vaincre le mécréant, doux paradoxe. Mais je pouvais le comprendre. Ma Foi avait décelé le laid mécréant qui menace la beauté. Lever le bâton était un acte de pureté. Il avait frappé, la bête était tombée.
Il était temps dans ce chapitre d’écrire que tout cela n’était que poésie.
Ecrire est la poésie des hommes. Les animaux n’écrivent pas. Les mots trompent les hommes. Les animaux ne peuvent tromper leur instinct car il est leur seul salut, celui qui les fait survivre.
J’avais survécu… et tu l’as eu dans le cul !
Non, ça je n’aurais pas pu me permettre de l’écrire dans mon Chapitre virtuel…
Retour à la réalité.
Dehors il faisait nuit et la tempête s’amplifiait toujours davantage. Un signe dont il me semblait parfois être le seul à y trouver émerveillement.
Il était temps d’hisser la grand voile et de regagner les ténèbres dont l’ombre de mon âme s’était échappée. Je n’avais de terres que celle chimérique dissimulée dans la nuit de l’imagination.
Une terre de promesses était à conquérir.
Le lecteur n’y comprendrait rien mais tant pis. Je l’écrivais ainsi :
Fin de l’Histoire…
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