Chapitre 3 (La Hyène de Namibie)

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Tout avait commencé tard dans la nuit ou tôt dans la matinée, tout dépendait du point de vue de qui était réveillé ou allait l’être brutalement !

Jim regarda sa montre, usée d’avoir trop donné le temps.
Dans la pénombre il eut du mal à lire les petites aiguilles. 00h25 ou quelque chose d’approchant crut-il deviner. Oups, sa ronde était déjà entamée de presque une demi-heure.
Il hâta le pas, ses semelles de crêpes faisant un bruit de succion ridicule à chacune de ses enjambées. Le long des couloirs du dortoir on n’entendait que ça ! C’était raté pour l’effet de surprise.
Il imagina tous les surnoms grotesques que ces petites pestes devaient lui donner, gloussant encore parfois quand ils ouvraient les portes des chambrées pour vérifier que tout était en ordre. Elles ne l’aimaient pas et elles n’en avaient pas peur.
Ces petits monstres avaient des circonstances atténuantes mais quand même, un peu de respect, c’était trop demandé ? Si son genou n’avait pas éclaté voilà quelques années lors d’une séance d’entraînement par un tacle assassin, elles auraient eu des posters de lui accrochés au-dessus de leurs lits et avec les phantasmes si imaginatifs à leur âge ! Il chassa ses dernières pensées, avoir franchi ce tabou même dans l’imaginaire, lui serrant la poitrine et l’étouffant presque de dégoût, de honte aussi.
Quand même, il aurait parfois aimé leur foutre un bon coup de pied aux fesses.
« Jim est là,
Jim traîne sa patte,
S’il pouvait courir il t’attraperait
Et t’emporterait… »

Elles croyaient qu’il ignorait cette chanson à son propos. Tu parles, petites écervelées.
Marie-Christine !
Il avait failli refermer la porte machinalement mais il la rouvrit presque en la dégondant. Elle n’était pas dans son lit ! Le traversin avait failli le berner mais c’était plutôt grossier comme mystification. La fenêtre simplement coincée et non verrouillée ne lui laissa plus aucun doute… Un moment il regarda au-dehors du côté des ombres du terrain vague. Il eut un mouvement de recul et blêmit.
- Il fait quoi ce cochon ici ! Oh les filles y’a le boiteux ! Réveillez-vous, réveillez-vous ! Hurla l’une des adolescentes de la chambrée, soudain réveillée par l’odeur repoussante du gardien.
Cochon ? Boiteux ?
Il n’avait pas le temps de s’occuper de ça. Il fallait avertir la directrice du foyer dormant au rez-de-chaussée. Tout cela allait faire des problèmes, il en eut le pressentiment.
Pourvu que cela ne lui en fassent pas à lui…

*


Le commissariat était morne. La pluie au-dehors en embuait les fenêtres sales et les derniers spots lumineux marchant encore grésillaient parfois quand la tension de l’orage ionisait le quartier. Au moins les jours de tempêtes, les squatteurs trouvaient des abris, les junkies s’enfermaient dans les caves, les SDF préféraient les foyers et les traînards restaient chez eux au lieu de voler, casser et chercher les ennuis.
Même les prostituées étaient abandonnées de leurs chiens de clients et de leurs molosses proxos. Il y avait bien quelques saoulards au volant mais quelque uns ronflaient déjà dans les cellules.
Ouais, ce serait une nuit calme, le planton du standard qui en connaissait un rayon malgré son jeune âge, dixit, le lui avait bien dit dans un sourire tâché de café et de nicotine.
L’horloge numérique murale à laquelle il manquait quelques diodes, cramées et jamais remplacées, indiquait 01h41. Plus que vingt minutes et sa permanence prenait fin.
Jack était patrouilleur depuis déjà trop longtemps pour désirer des heures supplémentaires. Cette ville se délabrait en même temps que sa carcasse et la tristesse crasse des rues se lisaient sur ses cernes et poches sous les yeux à force de la contempler.
La radio du post d’accueil crachait « Everything is Everything » des Fugees ou de Lauryn Hill, il ne se souvenait plus. Il n’avait jamais accroché cette musique qu’écoutaient ceux lui jetant des pierres à lui et ses collègues. Il ne la détestait pourtant pas non plus.
Et puis merde, il n’avait plus l’âge à toutes ces conneries…

Le téléphone avait sonné. Des emmerdes avait-il songé.
Le planton discutait ferme, griffonnant trop de notes pour que ce ne soit qu’un tapage nocturne ou un accident de la route. Une plainte sans doute, ce serait pour les inspecteurs à l’étage, ces planqués des rues qui pensaient qu’un flic en uniforme ne servait qu’à dresser des PV et à faire chier le monde !
Mollement Jack se dirigea vers les vestiaires, soulagé de quitter les lieux…
- Oh, Jacky ? Y’a un problème à la pension de filles du côté de la « Cité fleurie ».
Merde c’était pour sa pomme. Et cet abruti de nouveau qui l’appelait par ce prénom de beauf, de quoi lui donner envie de lui envoyer sa matraque à travers la tronche.
- C’est Jack mon gars. (Autant rester bonhomme, après tout il ne savait pas… heureusement pour lui !) Bon c’est quoi le topo ?
- Une gamine a fait le mur et elle n’est toujours pas revenue…
- Et ben quoi ? Appelles l’officier de liaison, j’y peux quoi moi ? Tonna Jack.
Un moment désarçonné, le gamin se reprit, plus ironique et revanchard.
- Déjà fait ! Les copines de la gamine devaient l’attendre mais l’orage les a fait rentrer. L’une d’elle aurait confié que la disparue coupait toujours derrière la pension, dans un terrain vague près…
- D’un canal, je vois ! Bon je suppose qu’on a besoin d’un bouffon pour aller patauger dans la merde et se taper trois heures de cirages pour sauver après ça ses pompes.
Jack sentit qu’il en faisait un peu trop dans les vieux gimmicks, forçant le cliché du flic blasé, indifférent à tout et grossier. Un réflexe idiot pour impressionner les jeunes recrues. A ses débuts il avait trouvé ça pathétique. Pourtant il était entrain de refaire le truc.
- Ah merde, laisse tomber…
- Quoi ? S’agaça le planton qui enviait le patrouilleur d’avoir un peu d’action.
Jack allait franchir la porte de sortie quand il entendit la voix de flûte du gamin l’interpeller.
- Quoi que vous trouviez, il faudra appeler l’inspecteur, heu, Fricks…
- Freaks ? (C’était son surnom) Je sens que ce connard va me faire chier !
La porte claqua violemment à la sortie du patrouilleur.
- Et tu t’y connais… Souffla le gamin qui devint rouge écarlate de peur que sa voix ait percée les murs jusqu’à l’autre crétin. Mais non, la porte ne se dégonda pas une seconde fois…

*


Quand son cœur se souleva, palpitant et cognant à lui arracher la poitrine, elle était en plein rêve.
C’était un beau rêve.
Elle s’y était sentie si sereine. Il y avait des fleurs écarlates, des couleurs vives et chatoyantes, une brise agréable et des rires au lointain sans qu’elle pu voir à qui ils appartenaient. Quelque chose la caressait tendrement, c’était bon et chaud.
Puis soudain le vent devint violent. Des herbes la retenaient, l’entravant comme des liens tranchants et épineux. Les fleurs devinrent d’un rouge mauvais, les caresses lui déchiraient la peau et les rires ne furent plus que cris stridents et assourdissants !
Elle avait crié !
Son réveil ? Non ce n’était pas cela, il indiquait 02h17 ! Elle avait le corps couvert de sueur, sa couette s’étant enroulé autour d’elle comme si elle avait voulu l’étrangler dans son sommeil. Son chat n’avait pas aimé non plus ce réveil brutal et ses griffes le lui avaient bien fait sentir… comme si c’était de sa faute à elle !

Les téléphones ! Son téléphone fixe hurlait. Elle se jura d’en changer la sonnerie. Le cellulaire de permanence sonnait lui aussi mais en plus semblait animer de spasmes comme si un démon tentait de le posséder. Elle n’avait pas ôté le mode vibreur.
Elle décrocha le fixe d’un coup sec tentant d’articuler que qui ce fut à l’autre bout qu’il attende. Pas sûr que sa bouche pâteuse et sa gorge enrouée de sommeil aient permis qu’elle se fasse comprendre.
- Allô… Elle venait d’ouvrir le clapet de son cellulaire, activant la connexion.
- Auxiliaire Phyllis String ? Grommela une voix au timbre grésillant.
- Spring ! Phyllis Spring, c’est une blague ? Cette fois elle était bien réveillée et furieuse.
- Ouais heu… ouais. Y’a une urgence. Fricks, inspecteur de… Bon on s’en fout. Y’a une urgence au foyer de la « Cité fleurie ». Je me rends sur place, je vous y attends…
Elle allait dire quelque chose mais le pauvre type à l’autre bout du téléphone venait de raccrocher en marmonnant une remarque sur son nom. Elle ne comprit pas quoi mais ce n’était pas aimable.
Elle eut envie de balancer son cellulaire puis se souvenu de son autre téléphone.
- Quoi encore ! Cette fois elle ne se laisserait pas faire.
- Phyllis ? Ici Madame Monseigneur.
Purée, c’était encore plus pathétique et incongru comme nom, surtout pour une femme.
- C’est affreux, Marie-Christine a disparu…
La directrice du foyer de jeunes filles s’étrangla presque puis parla de plus belle.
Phyllis ne l’écoutait plus.
Mary-Kay ! Elle suivait cette petite depuis quelques mois. Tout se remis en ordre dans sa tête et également celui de ses priorités avec.
- J’arrive. Je vous appel de ma voiture quand je serais en route.

Elle débrancha le kit main-libre après avoir glané l’essentiel des propos incohérents et pleins de hoquets de la directrice du foyer.
Jetant un coup d’œil dans le rétroviseur, elle se trouva une mine affreuse. Elle n’avait pas eu le temps de se coiffer et n’avait trouvé qu’un chouchou ridicule en la circonstance, criard et à fleurs, pour ramasser ses longues mèches rousses. Son regard gris n’était pas plus chaleureux que le miroir.
Malgré la fatigue, elle était pourtant étrangement excitée.
Elle avait une bonne demi-heure de route. Elle habitait trop loin de son, ou plutôt ses lieux de travail et elle était en pleine recherche d’un appartement pour s’en rapprocher.
De toute façon elle avait choisi un quartier « bobo » pour y trouver un peu de bohème amoureuse et n’y avait tout compte fait rencontré que l’ennui.
Elle appuya sur son lecteur CD embarqué. Le synthétiseur du groupe Depeche Mode entonna les premières mesures de « Black Celebration » en version « Soundtrack » (elle ne se doutait pas que ce serait fort à propos). Elle pensa alors à Mary-Kay.
Phyllis travaillait souvent à l’Hôpital Psychiatrique à côté du foyer. Elle s’employait à perfectionner les logiciels de renseignements sur les déséquilibrés mentaux et leurs comportements. A l’occasion, dans le cadre de la prévention de la délinquance et des troubles de la personnalité, elle approfondissait ses connaissances sur la psyché déroutante des adolescentes.
Mary-Kay l’avait tout de suite intéressé.
D’abord elle n’avait pas vraiment sa place dans le foyer. Elle n’était pas à la dérive, avait certes connu le drame de perdre ses parents mais elle ne présentait pas de limites intellectuelles ou de dégâts de la personnalité, au contraire. Elle était distante avec les adultes, n’était pas non plus causante et s’en remettait à ses dessins pour lesquels elle avait un talent prometteur. Jusqu’à là il n’y avait rien d’anormal à cet âge.
Elle ne faisait pas de grosses bêtises si ce n’est de fumer quelques cigarettes en cachette, de mal répondre à ses professeurs ou de se maquiller à outrance. Mais ce n’était souvent qu’une manière de s’adapter à son milieu et de survivre à la norme conditionnée par ses voisines turbulentes.
Le vrai problème c’est que c’était un animal rusé pris au piège.
Elle cherchait la liberté mais peut-être pas de la bonne manière.
« A question of time » pris la suite dans les hauts-parleurs des portières de sa voiture.
Cette chanson résuma comme une sombre prophétie tout ce qu’elle pensait à propos de Mary-Kay.

Phyllis accéléra brutalement.
Si elle se prenait des amendes, l’autre imbécile avec son lapsus si bête qu’il ne dissimulait rien d’autres qu’un cerveau cramé, lui ferait sauter. Malgré les idioties des gamines des foyers et leurs assurances parfois troublantes, avoir quatorze ans et se retrouver au beau milieu d’une nuit d’orage, seule et égarée, était une situation désespérée.
Mary-Kay n’était qu’une enfant.
Elle eut un mauvais pressentiment et écrasa cette fois la pédale d’accélérateur…

*


Dehors la pluie s’était arrêtée mais le pare-brise de la voiture de patrouille n’arrivait pas à chasser le brouillard humide qui s’était constitué une fois le vent étrangement disparu.
Jack avait pris son temps, divaguant dans les rues en même temps que dans ses pensées fatiguées. Il avait même failli manquer le quartier délabré de la « Cité fleurie »… La « Cité Fleurie ».
Il avait soufflé un juron et si sa ceinture ne l’avait pas retenue, son haussement d’épaules aurait été des plus spectaculaires. Purée, mais qu’est-ce qu’il foutait là ?
Chercher une aiguille dans une botte de foin n’aurait pas été plus désespérant. Désespérant, c’était le mot pour cette partie de la ville abandonnée de tout projet d’urbanisme depuis longtemps. Il eut un doute que ces ruines aient un jour été fleuri de quoi que ce fut de végétal A moins que les fleurs ne poussent sur des tas de merde ! Il grommela qu’on aurait du foutre le feu à tout ça et là encore rien n’en serait ressorti des cendres, pas même cette foutue aiguille !
Un sursaut de professionnalisme et une pénible pensée à propos de sa fille ayant coupée les ponts depuis qu’elle s’était entichée d’un artiste à la noix, lui rendirent une conscience. Il y avait tout de même une pauvre gamine là-dehors.
Il stoppa sa voiture aux abords du terrain vague. Sinistre et nauséeux, frissonna t-il malgré lui.
- Ici, Patrouilleur 4, sortie dans la friche de la « Cité Fleurie », côté Route Nord.
L’émetteur de la radio cracha une réponse synthétique, brouillée et incompréhensible. Super, tout foirait dans ce coin.
Jack vérifia son arme, ôta le cran de sûreté, c’était plus sûr, ironisa t-il. Il rangea ses clés, dégaina sa matraque composite et alluma sa torche. Jetant un dernier coup d’œil à l’horloge de bord, 02h21 (merde, il avait fait quoi depuis tout ce temps !), il s’enfonça dans les ténèbres.

Il longea par l’Est le mur délabré des anciennes usines.
Ses bottes s’accrochaient aux ronces et la boue s’amassait de plus en plus sous ses semelles. C’était une vraie pataugeoire par ici. Il renonça à cette partie, coupant en direction du canal et de la passerelle, il s’en souvenait, le surplombant depuis le foyer et l’asile de tarés là-bas. Le faisceau de sa lampe dansait comme un ver luisant qui aurait perdu tout sens de l’orientation.
Il n’y voyait pas grand-chose et la majeur partie du terrain était impraticable, une véritable petite forêt de mauvaises herbes, de ronces déchirantes et de bosquets impénétrables en empêchant l’exploration. Il fallait vraiment être idiot pour penser qu’une gamine se promenait dans tout ce fatras de racines s’étant nourries plus d’engrais chimiques que de chlorophylles…
Le halo du jet de lumière rencontra une petite baraque, invisible depuis la route.
C’était quoi ce truc ? Un refuge de paumés et de junkies. Il avait assez de bouteille pour détecter en un coup d’œil ce genre de taudis. Il écrasa encore quelques herbes mauvaises d’un coup de matraque puis la rangea, préférant poser sa main sur la crosse de son flingue.
Il n’était plus qu’à quelques mètres de l’entrée débarrassée de sa porte depuis longtemps. Son cœur se mit à battre sans qu’il ne puisse en freiner la cadence, le plus inquiétant c’est qu’il ne comprenait pas pourquoi.
Putain, il y avait un mec !
Cette fois il pointa fiévreusement son arme. Il sentit un peu de sueur dans son dos. Elle était froide, pas bon ça, se dit Jack. Il n’était pas encore sûr. L’embrasure ne dessinait qu’à peine une étrange silhouette sur le côté. Merde, c’était quoi ?
Balançant sa torche en un arc rapide, il remarqua au sol du verre brisé et une couverture souillée de plusieurs petites flaques humides. La paroi en face de lui, taguée de barbouillis obscènes perlaient des gouttes sombres comme si elle-aussi transpirait !
- Oh, sortez-de là !
Rien ne bougea.
Il était parano ou quoi ? Faisant un pas de côté, son sang se glaça. Posé sur trois poutrelles démises depuis le toit éventré gisait ce qui ressemblait à un corps. Enfin il n’en savait rien, une sorte de couverture maculée de pluie, d’immondices et de tâches couvrant la forme improbable ! Ce n’est que de la pluie Jack, que de la pluie sur un porte-manteau recouvert d’une bâche… (Tu parles).
Prêt à rentrer dans ce cloaque, il faillit bondir, butant dans quelque chose.
Une chaussure, puis une autre un peu plus loin. Cette fois son cœur se serra comme si la main glacée de la Mort le soupesait, indécise quand à l’arrêter pour de bon. Des petites bottines à talons. Elles n’excédaient pas le 37. Elles étaient neuves, de couleur claire tirant sur le caramel. L’une d’elle était tordue comme si on l’avait écrasé.
Non, non, non. Il tremblait. Ces chaussures n’avaient rien à faire là, elles ne faisaient pas partie du décor, impossible que ce soit un hasard. Il fit un grand effort sur lui-même pour approcher de la toile dissimulant l’horreur qu’il pria pour n’être qu’un mauvais tour qu’il se jouait.
Sa torche n’émit plus qu’un point rouge quand il s’en servit pour attraper un coin de la bâche. Il la tira avec d’un coup sec !

Jack fit un « oh » avec ses lèvres mais aucun son n’en sortit.
Il fit quelques pas en arrière comme après un vilain uppercut et s’affala sur le mur d’entrée, emportée par son élan. Il pointa son arme un instant plus sous l’effet du choc que par le danger.
Sa torche était tombée à ses pieds, le globe de verre, plutôt de plastique, s’étant lézardé de part en part. La lumière déchirée de zébrures s’en échappant donna à ce lieu morbide encore plus de démence…
Jack frappa plus qu’il appuya le commutateur de la radio de terrain accrochée à son épaule.
- Code 2, Code 2 ! Priorité rouge ! P4 !

Oui, tout avait commencé tard pour certains.
Mais cette fois, à 02h37, bien d’autres allaient être tirés très tôt de leurs draps, de leur sommeil et de leurs rêves. Et cette fois ce n’était pas un exercice, une tempête dans un verre d’eau ou un excès de zèle. Personne n’allait gueuler, rechigner ou se marrer grossièrement d’une connerie générale.
Une jeune fille avait disparu.
Et celui l’ayant pris avait laissé derrière-lui une chose qui n’était plus ce qu’elle avait été. Un fauve rôdait et ce prédateur avait une proie en danger de mort.
Désormais la chasse était ouverte !


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