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D’un Océan à un autre
Le monde est une tartine de merde !
La dernière fois que j’avais prononcé cette phrase douteuse et si j’ose dire au relent nauséabond, je ne me doutais pas que ce même monde allait basculer, du moins pour moi. Tout compte fait pas que pour moi…
J’avais l’impression que cela faisait un siècle.
Mais ca fait un siècle…
Je repensais à une vieille réplique de cinéma. D’ailleurs j’écoutais en ce moment une musique de film, « Through the dark ». Ce thriller résumait à la fois la tartine de merde du monde et ce qu’il a de plus beau.
Une autre réplique me revint en mémoire.
« Serais-tu quelqu’un de pire si tu ne l’avais pas fait ? »
J’avais eu à répondre à cette question…
Se mettre à la place du héros est une sorte de confort excitant quand on regarde un film. L’éprouver vraiment est une sensation qui n’a rien d’héroïque. La Gloire ne vient pas en rallumant la salle à la fin de la projection.
Il ne demeure qu’une ombre indélébile.
Je n’ai jamais aimé quand vient « The End » à la fin d’une histoire comme dans les vieux westerns spaghettis. C’est une petite mort, une plongée vers le néant.
Il n’y aurait pas de fin à cette drôle d’histoire.
Pas de duel final, pas plus de « happy end », encore moins de suite à rallonge hollywoodienne, pas d’explications pour mener le spectateur à une réponse définitive, rien. Il n’y avait là que des Destins croisés qui comme on défait un nœud se sépareraient de nouveau.
Je pourrais transporter ce récit aux temps antiques, ceux qui me sont chères.
Cela ferait :
« Il était une fois, un Seigneur sans terres et qui ne gardait que les ruines éthérées de son peuple disparu.
Parcourant comme une ombre les Vents glacés, il aperçut comme l’éclat brillant d’une étoile qui aurait chu au sol. Des fées aux ailes d’anges semblaient l’avoir égaré. Comme si on avait arraché les ailes d’une telle princesse, le Seigneur comprit que quelque chose n’allait pas.
Des gémissements lui parvinrent.
Une bête repoussante et sans âme avait attrapé la douce et fragile créature.
Ce qu’il allait lui faire n’était le fruit incestueux que de la laideur ayant emporté jadis la pureté de ses propres Sœurs et Frères. Enfin il allait pouvoir être digne des Dieux et Déesses.
Il sortit de son fourreau une épée à la lame ébréchée. Le combat fut bref mais plein de fureur.
La bête tomba !
Le Seigneur prit dans ses bras la pauvre fée souillée de laideur laissant des âmes meurtries déchirer et emporter celle du monstre les ayant souillées. Il ne se retourna pas pour écouter leurs malédictions et leurs murmures malingres.
Quand elle ouvrit ses yeux, ce fut comme un océan de beauté.
Elle lui permit de voir le regard de celle qu’il aimait de l’autre côté des flots.
Il était temps qu’il la rejoigne.
Son royaume était désormais dans son cœur et il pouvait aller à l’encontre du sien… »
Le navire marchand cahota sous une vague plus massive que les autres.
Par chance ce n’était pas une de ces scélérates. Maintenant si proche, cela aurait été un Destin bien trop tragique comme le fut celui d’Andrew McAuley. J’avais choisi la Vie.
- J’arrive mon bébé. Gone baby gone…
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